Eduardo m’a fait un bien fou durant mon séjour au Costa Rica. C’est un vrai mâle alpha. Le Costaricain marche la tête haute et les épaules rejetées en arrière.  Je me sentais toute petite à ses côtés. Il me faisait penser à un d’Artagnan latino.

Je m’amusais à lui détacher ces longs cheveux noirs ondulés pour lui arracher un sourire. J’adorais ses petites fossettes et sa façon de se mordiller le coin de la lèvre. J’avais aussi un faible pour ses belles fesses bombées.

Mes genoux se sont dérobés dès l’instant où le surfeur m’a embrassée en dévorant mon corps avec appétit. J’ai littéralement fondu dans ses bras. Une connexion sexuelle explosive. Il a réveillé mes phéromones trop longtemps endormies. J’ai éclaté de rire à la fin de nos premiers ébats à sa grande stupéfaction. Il y avait longtemps que je n’avais pas eu autant de plaisir. J’étais heureuse.

Rencontre passagère

En revanche, je n’avais pas l’intention de garder contact avec lui à mon retour au Canada. J’ai eu plusieurs amants dans ma vie et je suis capable de faire l’amour sans vouloir nécessairement m’attacher. L’exercice peut parfois s’avérer périlleux, mais dans ce cas-ci, la relation était clairement vouée à l’échec. Je ne suis pas la première ni la dernière à succomber à ses charmes. Et je l’ai appris à mes dépens.

Au Québec, à chaque fois que je me connectais sur Facebook – plusieurs fois dans une journée –, Eduardo m’écrivait sur Messenger et insistait pour qu’on discute sur Skype. Résultat : on se parlait de vive voix tous les jours à mon réveil et avant d’aller me coucher. Il projetait de venir à Montréal, à l’automne. Peu à peu, je me suis laissée prendre au jeu. Mais coup de théâtre, une femme m’a remis les deux pieds sur terre. Je l’ai appelée la « bombasse ».

Un matin, j’ai reçu un étrange message : « This is Eduardo’s so called girlfriend. He repeatedly over the years has taken hundreds of dollars from me and keeps asking for more, the same story over and over. Before you get tricked into sending him money; just know he plays a lot of girls like this. And You and I are not the first ones ».

J’ai momentanément arrêté de respirer. J’ai relu le texte une seconde fois pour que mon cerveau accepte l’information, et j’ai pété un plomb! Sous le coup de l’impulsivité, j’ai rédigé un message de bêtises à mon amant en lui disant que je n’avais jamais eu l’intention de lui envoyer de l’argent. Et surtout, je n’avais pas besoin de payer un homme pour recevoir de l’attention. Je le traitais de pute.

Inutilement trop compliqué

Eduardo n’a rien compris à mon excès de colère parce que la bombasse avait pris soin de supprimer son message qu’elle m’avait écrit dans son compte Facebook. Elle connaissait son mot de passe et épiait nos conversations depuis le début. Elle avait trouvé le meilleur moyen pour que je coupe les ponts avec lui en semant le doute. Ambivalente, je ne savais pas si son geste était un excès de générosité ou une façon d’éliminer une rivale.

Contre toute attente, j’étais propulsée au beau milieu d’une chicane de couple en anglais et en espagnol sur Skype. Ébranlé dans son égo, Eduardo me répétait avec force qu’il ne m’avait jamais demandé de l’argent.

J’étais en furie, mais j’avais envie de croire ses explications, mon orgueil étant aussi malmené. Il traitait son ancienne blonde de folle. Il me jurait qu’ils n’étaient plus ensemble. Il l’a trouvait trop « candy », toujours pendue à son cou.

En quelques clics, j’ai retrouvé des photos de la bombasse sur Facebook. Cette Costaricaine, blonde platine avec des pommettes saillantes et des lèvres pulpeuses, est « actrice » à Toronto. Légèrement vêtue dans des positions suggestives, la trentenaire utilise son corps plastique pour notamment faire la promotion de produits et d’événements. Elle est Barbie et je suis Jeanne d’Arc.

Quelques jours plus tard, elle est débarquée à Santa Teresa comme en témoignent ses selfies en bikini. Elle persiste peut-être à couvrir de cadeaux un homme qui ne la respecte pas. J’ai rompu avec ce triangle amoureux.  J’ai assez donné dans le registre des histoires trop compliquées. Je garde néanmoins un beau souvenir d‘Eduardo, de nos corps enlacés, et des rires après l’amour.

* À noter que le nom d’Eduardo a été changé pour préserver son anonymat.

Auteure

J'adore raconter des histoires! Souvent comme journaliste, ici comme chroniqueuse.

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