Timothy Leary, le pape américain du LSD et grand gourou du mouvement « peace and love », a inspiré toute une génération qui rêvait d’un monde nouveau. Selon l’écrivain, psychologue et militant, les psychotropes bien dosés pouvaient changer radicalement le comportement en traitant l’alcoolisme, en réhabilitant les criminels et en augmentant la libido.

Déclaré « l’homme le plus dangereux des États-Unis » par le président Nixon, Timothy a popularisé le slogan « Turn on, Tune In, Drop out » devant une foule de 30 000 personnes au Golden Gate Park de San Francisco en 1967. John Lennon et Yoko Ono l’ont invité à leur Bed-In du Reine Elizabeth à Montréal durant l’enregistrement de la célèbre chanson Give Peace a Chance en 1969.

Son fantôme rôde aujourd’hui sur les planches du théâtre de la Licorne durant la présentation de l’excellente pièce Psychédélique Marilou qui porte un regard lucide sur le présent à travers le prisme de la culture hippie.

Crise existentielle

Ce mouvement de contestation et de libération est étudié par la jeune et fragile Marilou qui cherche désespérément un sens à son sujet de maîtrise, mais surtout à sa vie. Regardant vers le passé, elle implore Timothy de l’éclairer sur le chemin à suivre.

Croyant s’être libérés d’une certaine aliénation dans leur jeunesse, ses deux parents baby-boomers, Jean-Marc et Véronique se retrouvent aujourd’hui coincés dans une autre forme de conformiste où le statut social et la réussite matérielle prédominent. Ils sont loin de l’époque où ils dansaient nus dans les champs en fumant de la marijuana ou en prenant des drogues hallucinogènes pour se libérer l’esprit.

Entre de grandes et belles utopies, celles des années 1960 et 1970, ces jeunes hippies ont tout bouleversé en s’opposant aux valeurs traditionnelles de leurs parents.  Et certains sont devenus des politiciens qui à leur tour sont réfractaires au changement. Ironiquement, ils prônent l’austérité pour « créer la richesse ». L’humanisme est devenu suspect alors que cette génération rêvait d’un « vivre ensemble » en prônant l’ouverture aux autres cultures.

Voyage dans le temps

L’auteur Pierre-Michel Tremblay dessine ainsi un portrait de société aussi sensible que satirique sur le sens de la vie et la réalisation de soi. Difficile de ne pas se reconnaître dans les gestes et les réflexions des membres de cette famille qui cherchent une illumination pour changer radicalement leur quotidien. Impossible de nier la réalité brutale de nos existences en opposition avec nos idéaux de jeunesse.

Il y a plus de 10 ans, j’ai quitté l’effervescence de la vie étudiante avec mon baccalauréat en poche et plein de projets en tête qui se sont fragilisés avec les aléas de la vie. À l’époque, on marchait dans les rues contre la guerre en Irak. Les étudiants ont ensuite frappé sur des casseroles pour dénoncer l’augmentation des frais de scolarité en provoquant un soulèvement populaire.

En écoutant Marilou, j’ai réalisé le chemin parcouru et l’importance de se battre pour ses convictions. Pourtant, il est vraiment plus facile de vouloir changer le monde à 20 ans!  J’ai finalement pris quelques rides en quittant le théâtre ce soir-là en constatant encore une fois que le temps passe beaucoup trop vite.

Notre prochaine grande bataille sera sans aucun doute la protection de notre planète. Impossible de fermer les yeux sur le réchauffement climatique avec les températures exceptionnellement élevées de septembre ainsi que les ouragans et les tremblements de terre qui détruisent tout sur leur passage.

Nous devons certainement remettre en question notre mode de vie pour léguer une terre viable à nos enfants et petits-enfants. En espérant que la prochaine génération renoue avec le « flower power » pour nous montrer le chemin.

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Auteure

J'adore raconter des histoires! Souvent comme journaliste, ici comme chroniqueuse.

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