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Bonheur en cavale

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Depuis une quinzaine d’années, Emmanuelle se prive d’aller au réveillon de Noël de sa famille. Elle trouve toujours le moyen d’éviter son agresseur. Impossible qu’elle respire le même air que lui sans imaginer qu’elle va perdre les pédales et dévoiler au grand jour tout le mal qu’il lui a fait.

Timothy Leary, le pape américain du LSD et grand gourou du mouvement « peace and love », a inspiré toute une génération qui rêvait d’un monde nouveau. Selon l’écrivain, psychologue et militant, les psychotropes bien dosés pouvaient changer radicalement le comportement en traitant l’alcoolisme, en réhabilitant les criminels et en augmentant la libido.

« Le chum de ma mère a abusé de moi et a menacé de me tuer quand j’avais 13 ans. Ma mère ne m’a pas crue. Elle me traitait de chienne et de salope. Elle disait que je voulais briser sa famille », me raconte Chantal en fumant une cigarette à la table de sa cuisine.

Mon grand frère, Olivier, était un vrai petit monstre à lunettes qui se cachait sous mon lit la nuit pour me faire peur. Un mauvais coup n’attendait pas l’autre.  Il adorait me faire perdre patience. Très curieux et en quête de sensations fortes, il était incapable de rester une seconde en place.

Au printemps 2016, j’étais en route vers les Promenades Saint-Bruno pour magasiner avec ma mère – une petite femme coquette, brillante et maîtresse de ses émotions – lorsqu’elle m’a demandé soudainement d’arrêter à sa succursale d’optique, fermée le dimanche, où elle est directrice. Elle voulait me parler, c’était important.

Après une succession de coups durs et déceptions en 2016, j’ai pris soin de mon corps et de mon esprit lors de mon escapade en solitaire au Costa Rica. « Fuck you la vie, j’ai besoin d’un break » était mon mantra des dernières semaines avant de m’envoler vers cette destination exotique.  

Un digne représentant de Bob Marley au sourire contagieux m’a accueillie à ma retraite de yoga, la Casa Zen. J’étais exténuée et trempée de sueur en raison de la chaleur accablante et du poids de mon sac à dos que je traînais depuis sept heures le matin.